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Xerfi Canal présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi
Où en est la France sur le chemin de la résorption de ses déséquilibres financiers ? La pression internationale s'est clairement desserrée sur ce plan. Le psychodrame n'est plus de mise. Certains pays ont montré que le fait d'être moins focalisé sur les déséquilibres de court terme est de ne pas sacrifier la croissance s'avérait au final une stratégie payante à moyen terme. C'est le cas du Royaume-Uni ou des Etats-unis notamment. La France elle n'a pas clairement choisi son camp et l'ambivalence de sa stratégie rejaillit sur l'ambiguïté de ses résultats.
Sur le plan des déséquilibres de sa balance courante, l'amélioration est notable. Sur un an, le déficit s'est réduit de l'ordre de 9 milliards. Elle tient d'abord à la réduction du décalage conjoncturel entre l'économie Française et son environnement immédiat. Les pays du sud ont touché le fond et leur demande intérieure s'est stabilisée. L'Allemagne, elle, a rallumé le moteur de sa demande intérieure, mécaniquement cela favorise le rééquilibrage des échanges. Mais dans ce contexte rééquilibré, la France tire moins bien son épingle du jeu que d'autres pays. L'amélioration est moindre en France que dans les économies du sud dont les exportations bénéficient maintenant de la violente purge sur les coûts salariaux.
Si on s'interroge alors sur la composante plus structurelle du redressement des échanges français, ce que l'on constate c'est une tendance à peu près confirmée d'une stabilisation des parts de marché. Mais le bilan demeure là encore en demi-teinte. Car si la France cesse de dévisser sur les marchés européens, elle ne reprend toujours pas pied sur les marchés extra-européens les plus dynamiques. Les gagnants sont à nouveau au sud de l'Europe.
Côté déficit public, même bilan en demi-teinte. Si l'on s'en tient au strict constat comptable, le déficit des administrations publiques est en sensible réduction. Il devrait avoisiner 4,2 % du PIB fin 2013 contre 4,8 % en 2012. Le solde général d'exécution du budget de l'État, qui permet un suivi au mois le mois, confirme cette tendance en octobre. Et cette amélioration recouvre une sensible amélioration du déficit structurel (corrigé des aléas de la conjoncture donc). Ce dernier est bien passé sous la barre des 3 % en 2013. Mais on est bien sûr loin des 20 milliards programmés initialement sur le périmètre des administrations centrales. Loin également des 30 milliards initialement prévus pour l'ensemble des administrations publiques.
L'État a au final bien tenu son objectif de dépenses par rapport à la loi de finances initiale. Les dépenses de personnel hors pensions affichent même une légère baisse par rapport à 2012. La charge de la dette est également en baisse significative par rapport à 2012, compte tenu notamment du faible niveau des taux d'intérêt.
La dynamique des recettes n'est en revanche pas celle qui était attendue. Il manquera près d'une dizaine de milliards par rapport à ce qui avait été programmé lors de la loi de finances initiale pour 2013. Derrière ce décalage, il y a d'abord le faible rendement de la TVA. Un faible rendement qui est le reflet de la panne de la consommation. Mais le syndrome est bien plus étendu. Lorsque l'on scrute la situation mensuelle du budget de l'État, on réalise que les recettes de l'impôt sur le revenu seront inférieures de 4 % aux attentes. Celles de l'impôt sur les sociétés de 7 %. La France aura rencontré en 2013, les limites d'une stratégie de réduction des déficits par l'impôt.
En définitive, en 2013, La France a rencontré les limites d'une stratégie de réduction des déficits par l'impôt. Elle a certes réduit ses déséquilibres, mais sans véritablement avoir mis en place des mécanismes pérennes de rééquilibrage à long terme.
Olivier Passet, Déséquilibres de la France : un premier bilan 2013, une vidéo Xerfi Canal
Publié le mardi 17 décembre 2013 .
4 min. 07
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